article du petit dernier du groupe (enfin!) : XAVIER

Dernier de la Rosa Mystica dream team à raconter la mission, je ne tenterais pas de vous décrire ce qui s’y est passé, mes camarades s’en étant déjà bien chargés… Je me contenterais juste de critiquer, car malgré toute leur bonne volonté et leur verve enthousiaste, ils ne vous ont livré qu’une image floue, en 2 dimensions… Et je suis sur qu’ils seraient d’accord avec moi pour dire qu’une mission aux Philippines ne se raconte pas mais se vit… Il est en effet absolument impossible de recréer par les mots (même un Balzac après sa description de la cuisine dans le père Goriot n’y parviendrait pas…) l’ambiance, les odeurs, les sons, les couleurs, le fouillis que sont les Philippines, d’autant plus que, comme le dit l’Abbé Wagner (prononcé à l’anglaise Ouaggnere), il y a autant de Philippines qu’il y a de provinces, voire de villes, avec dialectes, habitudes vestimentaires et culinaires (ce qui a un fort retentissement sur l’atmosphère olfactive)…

Et puis surtout, il y a la misère, la crasse : tous les étrangers (à l’exception peut-être de Clotilde) y ont échappé, mais elle est bien présente et j’ai eu, au cours des 2 missions que j’ai effectué, souvent l’occasion de la voir, de la sentir et de la ressentir… Cette misère qu’on ne peut décrire, qui côtoie l’opulence des riches décomplexés à laquelle ils ne se mélangent pas et qu’ils ne voient même plus … Cette misère, propre à une grande portion de la population qui vit au jour le jour, que l’on retrouve à toutes les étapes de la vie de ceux qui la subissent et particulièrement dans le malheur (blessure, maladie, inondation, disette…)… Enfin, cette misère qui malgré toute la bonne volonté qu’elle met à s’acharner sur les petites gens, ne parvient pas à les abattre totalement, à les voler de leur joie de vivre, à leur enlever leur sourire… Combien de cas avons-nous vu, pendant ces 5 jours de mission, qu’on aurait voulu extirper non seulement de leurs maladies, mais aussi à qui l’on aurait voulu offrir la possibilité de ne pas toujours courir après le train sans jamais pouvoir le rattraper…

Tout cet élan lyrique (ceux qui me connaissent et ne comprennent mon cynisme qu’au premier degré rajouteraient hypocrite) pour en venir à 2 choses :

Le français moyen, chauvin et geignard, qui se plaint au premier incident (je le connais bien, j’en fais partie) devrait s’estimer chanceux d’avoir un toit, de pouvoir manger à sa faim et d’être sur d’être pris en charge au moindre petit bobo… en conséquence de quoi il devrait pouvoir, et avec le sourire svp, faire de petits sacrifices financiers pour permettre à cette mission de continuer, car même là-bas les médicaments coutent cher et notre chère ACIM-Asia tire la langue. Il est bien évident que ceux qui préfèrent venir peuvent s’affranchir d’une telle formalité, le sacrifice du billet d’avion étant déjà considérable…

Ce qui nous amènent au 2ème point, à savoir qu’on a besoin de monde là-bas, surtout des médecins, des infirmières, des pharmaciens… et même de personnes ayant un peu de bonne volonté. Car il faut savoir qu’aux Philippines, avoir la peau blanche donne une aura inimaginable en France (je ne compte plus les instituts de beauté proposant de faire blanchir la peau…) et que cette aura nous permet de faire venir toutes les classes sociales à nos missions (même les aisés ne se gênent pas pour venir : eh oui, c’est gratuit…) ce qui permet à nos prêtre de faire leur apostolat et surtout (je suis étudiant en médecine donc priorité à la santé du corps ; l’abbé inverserait surement) d’apporter des soins nécessaires à des gens qui sans notre venue n’auraient jamais les moyens d’aller en consultation.

Je terminerais par l’expression de mon admiration pour tous ceux qui sont venu se perdre dans un coin paumé des Philippines, dans une région relativement instable pour se mettre au service des plus démunis : la famille Dickès, Clotilde, Delphine, Claire, Chantal, les Gressier, les Abbés Couture, Wagner, Loop… J’espère avoir l’occasion de repartir en campagne avec vous à l’occasion d’une prochaine mission…

Enfin une note d’humour, citation de l’abbé Wagner qui lors d’un séance plaisanterie particulièrement intense nous a pondu une parodie mythique : « Ich bin ein Philipiner »… Rendez-vous l’année prochaine

 


2 commentaires

  1. Dickès JP dit :

    Nous sommes déjà en octobre. Les troubles qui ont agité la région sont terminés et se limitent à une persécution que les musulmans mènent depuis sept siècles contre les natifs au fin fond des montagnes, ceux qui vivent à l’âge de la pierre, les pygmées. A la suite de l’invalidation par le Conseil Constitutionnel de la création d’un Etat musulman au centre de l’île, les terroristes s’en sont pris aux villageois ; lesquels ont reflué vers les villes. Ce qui explique le surcroit de travail que nous avons eu.Environ 450.000 personnes ont été déplacés dans le Cotabato del Norte et Lanao del Sur. Mais tout a été réglé en vitesse par les militaires. Ces gens sont rentrés chez eux très rapidement. Les deux chefs de cette rébellion se sont rendus.Le calme est donc revenu.
    La mission continue donc. Nous avons pris en charge la petite Jane avec ce méningocele qui lui déformait le visage de manière horrible. Cette semaine elle doit être opérée pour faire un shunt entre le tissus sous cutané et les méninges au niveau vertébral. Son visage va dégonfler et surtout il y aura une décompression du cerveau.
    Le trou entre le cerveau et la face sera pris en charge à Manille. Ce qui entraine des frais de déplacement pour la famille. Mais on y arrivera.
    Nous avons besoin de volontaires en permanence. Ils seront les bienvenus et connaitront une aventure extraordinairement exaltante.
    En ce qui concerne la crasse, je suis pas d’accord. En effet les Philippins se lavent au moins deux fois par jour et sont à quelques rares exception tout à fait propres sur eux. En revanche c’est vrai que les maisons sont misérables, voire sordides. Mais le sourire de Philippins fait tout oublier. Même la misère.
    Salut à tous les anciens de la mission.
    Jean-Pierre et Bernadette

    REPONSE

    merci de nous donner des nouvelles ! avec le retour à la vie civilisée, je n’avais pas eu le temps de suivre la suite de la mission ! sauf par le nouveau Cahier St Raphael. merci donc. et je crois que tous les « anciens » comme vous dites seront heureux de se retrouver à Lourdes et de se dire vivement l’année prochaine pour recommencer ! en tout cas, pour ma part, je ne pense déjà qu’à repartir !
    à très bientôt donc, sur Lourdes le week end du 25-26 octobre.
    affectueusement, God bless you.
    CLOTILDE

  2. Dickès JP dit :

    Chère Clotilde,
    Quelle joie de savoir que tu es partante pour la prochaine mission. Apparemment Philippe Gressier et son épouse sont volontaires. Delphine aussi bien sûr. Blandine en fonction de ses congés légaux. Nous aurons certes un problème de pharmacienne. Mais je pense que Claudie reviendra. Peut-être même avec son mari. Elle a de la chance car des deux côtés de sa famille on se dispute les petits pour les garder. Du côté des séminaristes avec les deux qui sont venus, sans nul doute on en aura d’autres. Xavier Losco qui disait ne pouvoir revenir pour des raisons de financement en quittant ; il est de nouveau partant.Chantal vient de se marier. Nous étions à Saint Nicolas pour l’embrasser. C’est sans soute celle qui a donné le plus de sa personne lors de notre mission.
    A plus de 65 ans devenu un peu chenu par mon métier dans l’art de comprendre les hommes, je constate que tu t’es intégrée magnifiquement à la mission et notamment au moment fort d’août. Et tu t’es emm… à te taper les dossier. Un truc à devenir fou. En outre les prescriptions…La Sécurité Sociale commence à le faire.
    Chère Clotilde, sans nul doute tu est « une bonne » capable de t’adapter dans des milieux difficiles.
    Je te propose d’être une sorte de carrefour des « anciens de Gen San ». Ce pourrait être par exemple en continuant ton blog par l’intermédiaire de ce qui nous arrive comme informations du pays. Ce peut être fait d’ailleurs par l’aide de Sherryl, Honeybee, par Jewel, par Kit ou Kody. A mon avis ils seront ravis de répondre. De temps en temps ils m’envoient des courriels pour me renouveller leur affection. Et si « les anciens de Gen San » (à toi de trouver le nom) nous nous trouverons unis par ce lien invisible qui est le service des plus pauvres d’entre les nitres comme disait Jésus de Nazareth. On s’embrasse à Lourdes. Et on prie ensemble pour la mission.
    Salut l’ancienne…
    Que Rosa Mystica continue à nous aider

    Jean-Pierre

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